Bulles du Jura, l’effervescence du Bon Pays

Le Revermont produit une bulle de qualité, il serait dommage de ne pas en parler.

Bref historique, pour l’amusement ou la ‘folie’ du propos

Et qui n’abordera pas de polémique stérile au sujet de l’antériorité de la bulle, la qualité du vin compte plus que son ancienneté !
La prise de mousse suscita de véritables sacerdoces dans le vignoble, transformant l’humble viticulteur en vigneron pratiquant, comme se désignait à Poligny ce bon monsieur Chevalier, auteur en 1734 de la recette du ‘vin gris façon du vin de champagne’.
Plus ancien, l’ancêtre du cocktail Molotov, le vin ginglard, naquit sur les coteaux de l’Etoile. Le gamay blanc, chardonnay local, y donnait des jus bien sucrés qui prenaient la mousse comme une belle-mère sa bru en grippe. Les bouteilles de l’explosive boisson perdaient souvent la tête dès qu’on leur touchait le col. Réaction imprévisible qui la fit baptiser vin fou, terme devenu aujourd’hui la marque des vins champagnisés de la Maison Henri Maire.

Dernière arrivée

Et deux fois de surcroît ! L’AOC Crémant du Jura naît en 1995 et devient le septième Crémant de France (ils sont huit avec celui du Luxembourg) et la sixième appellation jurassienne.
Cela ne s’est pas fait sans mal !
La qualité approximative d’une grande partie de la production des effervescents jurassiens élaborés en méthode traditionnelle demandait un encadrement plus strict. Le passage en crémant apparaissait comme le moyen le plus évident et le plus efficace d’y arriver. La proposition faite par une poignée de vignerons dans ce sens à la profession, divisa celle-ci en deux camps. Les réformateurs s’opposèrent d’emblée à tous ceux qui ne voyaient aucune nécessité à changer. On ne peut donner tort aux réactionnaires, le passage en crémant leur demandait, d’une part, un investissement en matériel (pressoir adapté, cagettes de récolte, etc.), et, de plus, leur supprimait bon nombre de facilités : fini la machine à vendanger et l’emploi des raisins douteux.


L’avènement du Crémant sonnait le glas du mousseux fourre-tout, une poubelle rentable pour les peu scrupuleux.
Heureusement pour la viticulture jurassienne, le bon sens triompha, non sans mal (tête de bois contre tête de bois, ça peut durer longtemps).
Le dossier aboutit le 9 octobre 1995, avec rétroaction pour les millésimes 1991, 1992, 1993 et 1994 pour les vins effervescents répondant aux conditions d’élaboration des Crémants.
Aujourd’hui, la profession se félicite de cet acquis qui place sa production parmi les meilleurs Crémants de France.

Quelques spécificités

Tous les cépages jurassiens sont autorisés à concurrence de 50% de chardonnay pour les blancs et 50% de pinot noir et/ou poulsard pour les rosés. Le Blanc de Noirs n’est donc pas prévu par la législation, une lacune au vu des bons résultats que ce type de Crémant peut donner.
Degré minimum autorisé = 8,5°, vendange manuelle obligatoire, transportée en caisses percées, pressurage de grappes entières, 150 kg de raisins donnent 100 litres de jus.
La deuxième fermentation (conservation sur lies) se passe en bouteilles couchées sur lattes pendant un minimum de 9 mois. Depuis 2000, une année au moins doit s’écouler entre le tirage et la commercialisation. Libre au vigneron de gérer à sa façon les temps impartis.
En 2000 également, la Méthode Traditionnelle disparaît au profit du seul Crémant.
Les vendanges 2003 ont laissé les Crémants sur le carreau. La perte en volume varie de 20% à plus de 70% selon les domaines.

Cascade de bulles

Suite non logique, série de Crémants, le vigneron détermine bien plus le caractère de son effervescent que le terroir ne l’influence.

  • Dom. de La Pinte – www.lapinte.fr
  • B. Badoz – www.badoz.fr
  • Dom. Grand Frères – https://domaine-grand.plugwine.com
  • A. et M. Tissot – www.stephane-tissot.com
  • Chât. de l’Etoile – www.chateauetoile.com
  • Fruit. Vit. Pupillin – www.fruitiere-de-pupillin.com
  • Dom. Ligier – www.domaine-ligier.com
  • Dom. Rolet – www.rolet-arbois.com

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