Et si l’Aligoté vieillissait?

25/04/2020 - Rien de tel qu’une verticale pour le savoir. Remontons un rien le temps pour estimer son aptitude au vieillissement…

Les Caves Bailly-Lapierre, dont on connaît la cuvée Vive la Joie, nous en ont bel et bien comblés en nous envoyant plusieurs millésimes de leur aligoté, histoire de voir comment il évolue au cours des années.

Et une verticale !

Dégustation réalisée avant le confinement par Johan Degroef, Hervé Lalau, Marc Vanhellemont et Nathalie Verbogen.

Aligoté 2018 Bailly-Lapierre

 Vert jaune, il offre un nez de pomme douce et de poire fondante parées d’une feuille de menthe et de mélisse, parfumé d’anis. La bouche très minérale garde un rien de gaz carbonique histoire d’en renforcer la fraîcheur. On mord la rhubarbe et la groseille à maquereau à pleines dents. De la pâte d’amande vient adoucir ce vif élan. Du poivre blanc apparaît en final. 

Aligoté 2016 Bailly-Lapierre

 Jaune vert, il respire la pomme au four, et la poire tatin ornée d’un grain ce poivre blanc, il nous fait saliver à l’avance. La bouche acidulée fait penser au citron, au cédrat et à la bergamote, puis s’arrondit de chair de melon et de menthe. Une très belle fraîcheur cristalline sous-tend le vin et lui apporte une très agréable fluidité. 

Aligoté 2015 Bailly-Lapierre

La robe vert jaune respire l’angélique confite, le poivre, la muscade, la noix et la noisette, évocation d’un biscuit oriental… La bouche au léger caramel apporte une impression sucrée bien contrebalancée par la fraîcheur de la rhubarbe confite et la gelée de groseille. La finale saline renforce encore l’impression de fraîcheur et nous fait saliver. On en redemande. 

Aligoté 2013 Bailly-Lapierre

 Vert jaune au léger fumé, le nez hume avec beaucoup de plaisir l’angélique confite, l’abricot sec, la confiture d’ananas, mais aussi le shiitake qui lui donne un côté oriental. La bouche aux impressions de menthe, de sauce soja légère, d’algue, voire d’umami, offre une longueur poivrée incroyable où le curry renforce la vivacité. 

Aligoté 2012 Bailly-Lapierre

Jaune vert, le nez s’étonne de la note d’hydrocarbure, certes ténue mais bien présente, à confondre à l’aveugle avec un Riesling, encore amplifié par le taf de fumée aux effluves de laurier. La bouche un rien âpre rappelle la pomme à cidre, la rhubarbe, bref, une acidité bienvenue qui apporte du peps à cet Aligoté différent des autres. Un rien de zan mâtiné d’écorce de citron dont les amertumes renforcent encore la fraîcheur. Belle longueur poivrée, acidulée et fruitée, une certaine délicatesse. 

Aligoté 2011 Bailly-Lapierre

 La robe vert jaune parle de sa jeunesse gardée comme le nez floral aux évocations de bouton de rose et de fleurs mellifères dont les parfums se nuancent d’iode et de safran, viennent encore de la croûte de pain et des pignons grillés. La bouche gourmande développe des arômes de citron confit, de mandarine, de rhubarbe, qui se fondent dans la texture soyeuse de ce blanc joliment ciselé. Et qui garde, on aime le répéter, une incroyable jeunesse.

Vinification des Aligoté Bailly-Lapierre

Les raisins sont tous issus de l’Yonne; vendanges mécaniques, récolte entre 10,5° et 11,5° en moyenne. Pressurage et débourbage en utilisant le savoir-faire de la maison en matière d’effervescents (séparation des jus en fonction de la pression, débourbage statique serré). Vinification avec plusieurs souches de levures. Aération systématique à mi fermentation alcoolique. FML systématique. Les assemblages sont réalisés après ces étapes de vinification. Élevage en cuve inox, mise en bouteille entre février et juin en fonction de l’année.
www.bailly-lapierre.fr

Hervé Lalau et Marc Vanhellemont

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