Le Clos des Lambrays

14/10/2015 - Du Clos des Lambrays on s’en fait tout un monde… et on a raison ! Voilà un cru bourguignon qui nous réconcilie avec un vignoble trop souvent décevant.

Trois bouteilles de Clos des Lambrays trônaient sur la table. Les yeux se sont frottés de peur que ce ne soit qu’un fantasme, une réalité altérée. Mais le son délicat des verres qui se remplissent nous a rassurés. D’un coup tout a semblé s’arrêter, le premier nez du Clos 2013 nous a fait entrevoir cette Bourgogne mythique, celle des Pinot Noir qui nous font chavirer d’extase.

domaine des lambrays 2012

Clos des Lambrays 2013 Grand Cru

La robe claire adopte le couleur grenat aux reflets améthyste. Le nez sauvage allie airelles et aiguilles de pin, puis un rien de framboise et de violette apportent leurs subtiles nuances. En bouche, il se construit petit à petit, sans précipitation. Il commence par installer sa fraîcheur, histoire de bien éveiller les papilles. Puis, dépose son terreau minéral, substrat dans lequel viennent se planter fruits et fleurs, tous de poivre bien épicés. Les tanins tendent leur toile certes fine mais un rien rêche, et c’est tant mieux, la texture ligneuse aménage un relief tactile rafraîchissant.
« Le millésime 2013 ? C’est une année assez difficile, avec des vendanges très tardives (début octobre), mais belle qualité des tannins et niveau de maturité très correct » explique Thiery Brouin régisseur du domaine depuis en 1980.
Voilà un joli début. Suivant en lice, le Clos 2011

Clos des Lambrays 2011 Grand Cru

Le ton plus clair du grenat lui donne une belle luminosité. Fermé, il faut le laisser respirer. Lui faire tourner la tête pour qu’il fasse tourner les nôtres. Quelques girations plus tard, il se livre… à peine. Des épices, du grillé, quelques fleurs sèches, une feuille de tomate. Attendons encore un peu. Les gelées arrivent. Timide, elles suggèrent tout bas la framboise et la groseille, la fraise et la prunelle, qui parées de trois boutons de violette débutent la bouche avec enthousiasme. Les pâtes de fruits nappent biscuits et galettes de sarrasin, impression de joie rustique, d’entrain qui donne des tanins une perception précise jusqu’à compter les grains délicats. Et puis, il y a cette amertume superbe, mélange de notes graciles de réglisse et de gentiane, qui souligne de son trait raffiné les saveurs perçues.
« Le millésime 2011 est une année climatique difficile, avec une grosse pression de mildiou, mais par contre des vendanges précoces avec un été assez chaud » raconte Thierry Brouin.
Le 2010 termine la série…

Clos des Lambrays 2010 Grand Cru

Plus sombre, grenat lie de vin, il annonce la couleur… D’emblée, il semble des plus riches, offrant avec générosité, fruits, fleurs et épices. À chaque respiration, d’autres senteurs nous parviennent, puis reviennent en un carrousel sans fin. Gelée de cassis à la violette, confiture de cerise noire au poivre, pâte de myrtille à la sauge, sirop de prunelle à la racine d’iris, on pourrait ne jamais s’arrêter. La bouche n’est pas en reste et nous comble de ses libéralités en déployant une grande soie tannique sur laquelle s’impriment tous les parfums respirés. Une fraîcheur douce accompagne la rondeur du vin qu’elle semble caresser. Ce millésime réunit puissance et élégance, il me rappelle l’un de mes tout premiers émois bachiques, Bourgogne divin à l’équilibre fragile, aérien qui révèle son caractère rustique et raffiné, explosion fruitée à l’ampleur maîtrisée qui d’une gorgée nous marque à jamais.
« Quant au millésime 2010, c’est une année facile, au niveau de la  moyenne pour la lutte contre les maladies » décrit Thierry Brouin.

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Côté vinif

La récolte se fait manuellement, ce qui permet de vinifier après un tri rigoureux en grappes entières la plupart du temps. La macération se fait en cuve inox pendant 15 à 18 jours avec pigeages et remontages. Puis, les vins sont logés en fûts de chêne dont la moitié en pièces neuves pour un élevage de 18 mois agrémenté de 2 soutirages sans collage et une légère filtration à la mise.

Clos des Lambrays 3

Un terroir complexe, l’effet ola

Un peu à la façon de supporters dans un stade de foot, le sol s’est plissé au Clos des Lambrays en une vague figée. Cette ondulation génère, outre des orientations différentes, également une variation des courants d’air qui montent ou qui descendent les 60 mètres de dénivelé. Ajoutons à cela les sols qui seront tantôt marneux sur le haut du clos, plus calcaires avec une importante matrice argileuse dans le bas et mixtes entre les deux pour comprendre la richesse et la subtilité des vins. D’un seul tenant, le vignoble compte 8,70 ha et constitue à lui tout seul l’appellation Grand Cru Clos des Lambrays. Classement qui n’est intervenu qu’en 1981 et qui a décidé Thierry Brouin arrivé l’année précédente de relever un défi aventureux : transformer le clos à l’époque moribond en un véritable Grand Cru.
www.lambrays.com

Marc Vanhellemont

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