Limoux, version Joyeuse 

30/05/2016 - La cave Anne de Joyeuse est née en 1929 avec l’ambition, déjà, de produire de grands rouges à Limoux – ceux-là même que le bon Docteur Guyot vantait déjà dans les années 1860.
Mission accomplie… Et pas seulement en rouge, d’ailleurs.

Anne de Joyeuse , c’est «l’autre» coopérative de Limoux – ses locaux ne se trouvent d’ailleurs pas très loin de ceux de Sieur d’Arques. Mais si cette dernière s’est fait une spécialité – et une notoriété – dans la bulle, Anne de Joyeuse et ses 300 membres ont misé sur les vins tranquilles, qu’ils soient d’AOP Limoux ou d’IGP.

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Nous avons dégusté une quinzaine de ses produits. En commençant par la gamme de base, Camas, dont nous avons apprécié le Chardonnay.

Camas Chardonnay 2015

2014_04_20_MDV2_00021Un bon coup à boire, camomille, pomme, zan au nez; la bouche fluide mais assez grasse finit sur le laurier, avec une pointe de sucrosité (au moins apparente). La preuve liquide que le Chardonnay a toute sa place à Limoux, et que le variétal n’est pas un gros mot.

Mais c’est avec les deux vins du «Terroir des Dinosaures» que nous avons eu nos premiers grands frissons. Le nom de cette gamme ne doit rien au hasard: ces vins sont issu de la Haute Vallée de l’Aude; et plus précisément, des argiles rouges du Crétacé, sur base d’éboulis calcaires, où il n’est pas rare de trouve des œufs de dinosaures vieux de 70 millions d’années…

Ampelosaurus Chardonnay 2015

garguantavisVoilà un vin qu’il convient d’aérer ; un peu de patience, et déboule des fourrés, non pas une sorte de diplodocus à plaques osseuses, mais de jolies notes d’acacia, un bois bien dosé, en bouche rafraîchie par du jus de réglisse. Le genre de vin qui appelle le deuxième verre.
Sélection de parcelles d’altitude. Tri sur tapis. Eraflage.

Gargantuavis Pinot Noir 2014

pinot-noir-dinosaure-gargantuavisTrès belles notes de cerise au nez, un peu de fruit cuit, aussi; la bouche est juteuse, sanguine, pleine de sève. «Il y a du vin», comme on dit. L’oiseau est énorme, et même gargantuesque ; il est puissant, mais il prend joliment son envol, nous laissant de longues et jolies notes de fumé, de cuir et de pierre à fusil en finale.  Et là encore, un goût de trop peu…
Pressurage direct et passage en cuves de bois.

On poursuit avec deux blancs…

La Butinière Limoux Blanc 2012

20061Du fruit blanc, en veux-tu en voilà, des notes florales (camomille, aubépine, acacia), une bonne fraîcheur, du gras, du miel, un boisé en filigrane, jamais dominant, une finale saline… que demander de plus? Ce Chardonnay de 4 ans, complexe et tout en équilibre, démontre qu’un peu de patience ne peut faire de tort aux beaux blancs. Des vignes de coteaux de 20 ans et plus, nous dit la fiche technique. 9 mois de barrique dont la moitié de bois neuf.

Very Limoux 2014

very-limoux-pure-tasteAbricot, pêche et agrumes au nez, beurre et miel d’acacia en bouche, et ce vin nerveux séduit par sa franchise ; belle finale sur la pierre à fusil.

Et pour terminer en beauté, un rouge qui confirme la qualité des pinots de la région:

Rencontre Pinot Noir IGP Pays d’Oc 2012

Parce que c’était lui, parce que c’était nous – la rencontre fut belle.
Cerise, framboise, cuir, tannins fermes mais bien enrobés, c’est un vin de belle structure, ample et d’une belle longueur. Le boisé est présent, mais pas envahissant.
A l’aveugle, on le croirait facilement originaire d’une région plus médiatisée; et même, d’un grand cru. Mais à quoi rime ce genre de comparaison. C’est un vin réussi, un vin de grande classe, un point c’est tout.
www.annedejoyeuse.fr
www.maisondesvins.be

Hervé Lalau (avec la complicité de Marc Vanhellemont)

Crédit photo “Céline et Gilles Deschamps / CIVL”

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