Whisky français et Rye US

Cela fait longtemps que le whisky n’est plus une exclusivité écossaise, on en produit partout. En voici quatre, produit en France et qui n’ont rien à envier à leurs pairs d’Outre-Manche. Plus loin, de l’autre côté de l’océan, le Kentucky, c’est bien aussi…

Trésor Légendaire

Ils portent tous les deux le même nom et ne se démarquent que par la couleur de l’étiquette et le type d’affinage

Etiquette blanche Whisky de France single malt Marcel Cabelier
Finish en fût de Vin de Paille

Jaune léger oranger, un nez qui rappelle la racine de gentiane avec son caractère un rien terreux, terreau sur lequel poussent des narcisses au parfum délicat, l’air léger s’embaume de fleur d’oranger, de noisette grillée. Très élégant ce viski Capitaine.
La bouche puissante contraste par contre avec l’éthéré du nez. Une puissance contenue toutefois, puissance que vient rafraîchir la volatilité de l’esprit capiteux de ce whisky plus propice à la dégustation au coin du feu ou à la fin d’une soirée d’été qu’en début. Vous voyez capitaine, il ne faut pas se fier aux apparences…
Ce single malt subit une double maturation, il est d’abord vieilli 5 ans en fût de Xeres, puis s’affine encore 6 mois en fût de vin de paille. 31€

Etiquette noire Whisky de France single malt Marcel Cabelier
Finish en fût de Vin Jaune

Jaune paille, nez de seigle, de biscuit chaud un rien beurré, des notes chocolatées vanillées décrivent une atmosphère certes gourmande, mais ferme, imposante. Ça vous attire Capitaine ?
En bouche, c’est tout le contraire, c’est l’élégance qui prime, avec sa note fumée légèrement tourbée, ce goût inattendu de poire William et d’abricot qui macule de leur élixir les lambris de charme parfumés de roses anciennes. Lequel choisissez-vous Capitaine ?
On se le demande, ce cher Haddock doit être un peu perdu face à ces deux whiskies bien différents de son Loch Lomond adoré. Cela nous rend également perplexe d’avoir ce contraste inversé. Tous deux plaisent par leur équilibre, leur texture et leur développement aromatique.
Ce single malt-ci est vieilli 5 ans en fûts de Cognac et de Sauternes, puis est affiné 6 mois en barriques de vin jaune. 31€ https://fr.maisonduvigneron.com

Lothaire

Fruité Floral Whisky Single Malt Lothaire Rozelieures

Ambre clair, nez de pêche, d’abricot parfumé de thé rouge et de tabac blond, avec un accent italien de grappa. La bouche agréablement fruitée rappelle la poire, la mirabelle, les copeaux de crayon, la mine aussi, puis retrouve le fruit avec du pruneau mêlé de tabac blond. Sa texture oscille entre l’arrondi chaleureux et l’austère minéral, ce qui lui apporte du dynamisme. La longueur parle de poivre, de cumin et d’impressions boisées.
Maturation en fûts neufs de chêne lorrain

Tourbé Fumé Whisky Single Malt Lothaire Rozelieures

Ambre clair, nez iodé et fumé avec un accent tourbé, un peu lardé, puis il évolue vers des senteurs d’aiguilles de pin avec une petite pointe de camphre qui rappelle encore la tourbe, mais tout en finesse. La bouche garde la note tourbée mais l’arrondi d’un trait sucré, rondeur qui perdure malgré les envies d’un rien d’âpreté qui évoque la croûte de pain aux céréales bien grillées. Mais la complexité ne s’arrête pas là, quelques zestes d’agrumes apportent conjointement une amertume rafraîchissante et un confit confortable. La longueur garde le tourbé comme leitmotiv aux variations épicées.
Maturation en fûts neufs de chêne américain

La famille Grallet-Dupic est propriétaires-récoltants depuis 5 générations et distillateurs depuis plus de 150 ans au cœur du petit village lorrain de Rozelieures, au pied d’un ancien volcan qui dort depuis 20 millions d’années.
www.whiskyrozelieures.com

Petit rappel historique

Lothaire II ou Hlothar était un roi franc, second fils de Lothaire Ier, il reçut en partage à la mort de son père les contrées nordiques de la Francie médiane, de la Frise au plateau de Langres et au Jura, entre l’Escaut et le Rhin. Il a donné son nom à la Lotharingie l’actuelle Lorraine. En fait, faute de dénomination pour le territoire gouverné par Lothaire II, les chroniqueurs l’ont appelé Lotharii regnum qui deviendra au Xe siècle « Lotharingia » qui est à l’origine de l’allemand « Lothringen » et du français « Lorraine ».


Woodford Reserve

Kentucky Straight Bourbon Whiskey 43,2%

Une robe plutôt claire, un nez qui au premier abord fait penser à un pur malt, une bouche aux accents de bois neuf, voilà qui déroute quand on s’attend à déguster un Bourbon ! Mais ce n’est pas n’importe quel Bourbon, cette eau-de-vie est concoctée par la Maison Woodford Reserve. Des parfums à la fois floraux et fruités s’en exhalent, fleurs sèches comme les fruits, noisette abricot, pêche aux amandes douces, viennent encore des notes de menthe et d’oranges ombrées de cacao, une taf de tabac. La force de l’alcool reste modérée, la fraîcheur vient de sa volatilité, son esprit nous chatouille les sens, nous parle de cannelle et de cacao. Riche et moelleux, il plaît et nous flatte encore par ses épices qui accompagnent sa longueur.
Le mashbill (mélange de céréales) de Woodford Reserve présente un pourcentage élevé de seigle, soit 18 % de seigle pour 72 % de maïs auxquels s’ajoute 10 % de malt. C’est assez inhabituel comme la triple distillation. Et peut-être qui explique son caractère agréablement raffiné. De plus, il mûrit pendant au moins six ans. 53€


Reserve Rye 45,2%

Caractère capiteux qui s’évalue et se déguste au coin de l’âtre, chauffe le cœur par son esprit, caresse l’intellect par sa richesse aromatique, la langue par son gras suave. Poire un rien cuite et omniprésente, raisin de Smyrne, candi pas tout à fait caramélisé, le bois d’un lambris de chêne patiné par l’âge, la pâte d’amande, et puis cette fine amertume florale et rafraîchissante au goût de chrysanthème. Sur laquelle se dépose des épices douces, curcuma, réglisse, poivre et de girofle, qui semblent composer le cuivré bruni du distillat. Le feu crépite et les parfums évoluent encore et encore comme s’ils voulaient nous décrire cinquante années d’expérience, de vécus divers, d’allusions intimes, visions tangibles qui nous font oublier un moment l’instant.
Élaboré à partir de 53 % de seigle, 14 % d’orge maltée et de 33 % de maïs.
53€

Woodford Reserve

La distillation dans le comté de Woodford ne commence qu’en 1797 lorsque Elijah Pepper s’y établit, à Versailles KY (ça ne s’invente pas). En 1835, le Dr James C. Crow commence son travail d’amélioration de la qualité du produit, tâche qu’il continue jusqu’à sa mort en 1856. En 1878, la firme Labrot et Graham rachète l’ensemble. Aujourd’hui, elle fait partie du patrimoine de Brown-Forman.
En 1995, la distillerie produisant la Woodford Reserve a été inscrite sur le Registre national des lieux historiques et en 2000, elle est désignée National Historic Landmark1. Son bourbon est le bourbon officiel du Kentucky Derby et de la Breeders’ Cup. (ça ne nous dit pas grand-chose, mais ça a l’air important)
www.woodfordreserve.com

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